Bordeaux : musée ou métropole ?
L’image de Bordeaux commence à évoluer, en France comme à l’étranger. Jadis vue comme une ville bourgeoise, un peu ringarde, décatie, sa rénovation urbaine est désormais connue, notamment grâce à l’inscription de la ville au patrimoine mondial de l’humanité. Même si, au-delà de la notoriété spontanée de son nom, Bordeaux reste une ville sans doute moins connue que d’autres métropoles françaises et européennes de taille équivalente, son (...) > lire la suite
C’est pendant le vingtième siècle qu’a lieu l’accroissement rapide des banlieues et des périphéries de grandes métropoles. Du coup, on a commencé à se pencher sur la manière dont les résidents d’une ville se dispersent et les nouvelles questions sociales, économiques et politiques qui se présenteraient par conséquent. Un phénomène qui s’est déclenché pendant les années 1980 dans quelques grandes villes européennes et également aux États-Unis est celui de gentrification. Il s’agit d’un processus par lequel des habitants pauvres d’un quartier du centre ville sont déplacés au fur et à mesure par des habitants d’une couche moyenne supérieure, venant souvent des zones périphériques et déclarant avoir « retrouvé » les avantages de vivre au centre ville, que ça soit pour des raisons professionnelles ou culturelles. Il en résulte une augmentation des prix immobiliers et le déplacement massif des habitants originaux qui, faute de ne plus pouvoir supporter les hauts coûts de la vie, se dirigent vers les périphéries. Ce phénomène touche autant Bordeaux que d’autres grandes villes françaises. On en a vu les premiers signes il y a quelques ans dans le quartier St. Pierre et les Chartrons. Grâce aux fonds récoltés par l’épanouissement de l’industrie du tourisme après la ville s’est classée au patrimoine mondial, cinq hangars ont été démolis sur les quais, remplacés par des restaurants et des boutiques. Le quartier St. Pierre, autrefois connu pour son insalubrité est aujourd’hui redéveloppé - des nouveaux restaurants (...)
Les chiffres du tramway montrent la révolution qu’a constituée dans la ville la mise en place de ce nouveau mode de transport en commun. Près de 50 km de rames, un coût de construction de plus d’un milliard d’euro, et désormais plus de 90 stations desservies et jusqu’à 4500 voyageurs en heure de pointe sur les lignes A et B, 3000 sur la ligne C. A l’avenir, la troisième phase ( qui débutera vraisemblablement en 2015) a pour objectif de prolonger la ligne A de Mérignac-Centre jusqu’à Mérignac-Les Pins et la Rocade(3,1 kilomètres) ; d’étendre la ligne B de Bougnard jusqu’à Pessac Alouette (3 kilomètres) et de Claveau jusqu’à la zone industrielle de Bordeaux Nord (1 kilomètre) ; et de prolonger la ligne C de Bègles Terres Neuves au futur lycée de Terre-Sud (3,8 kilomètres) et des Aubiers à Blanquefort. Enfin une quatrième ligne serait mise en circulation, la ligne D, desservant Le Haillan et Saint-Médoc des Halles. L’arrivée du tramway a eu deux principales retombées : la première a été l’intégration économique d’un grand nombre de communes de la rive droite, la seconde a été la hausse du niveau de vie dans l’ensemble des quartiers concernés par le tram, directement visible dans la vitalité économique des entreprises situées dans le corridor du tramway et dans la hausse du prix de l’immobilier. Le développement économique plus harmonieux et plus homogène de l’ensemble de la CUB est le principal bénéfice que l’on peut attribuer au tramway. En effet, Emile Victoire rappelle dans Sociologie de Bordeaux les (...)
A l’origine, le quartier Belcier est le seul quartier situé à l’intérieur des Boulevards qui n’est pas classé au Patrimoine Mondial de l’Humanité. Profitant de son statut de quartier à rénover, un projet pharaonique a vu le jour. La mairie a décidé de construire un quartier d’affaire en plein Belcier : le projet TGT. Ce futur complexe dédié aux affaires pourrait bien évidemment servir les intérêts économiques de Bordeaux en lui offrant la possibilité d’avoir une vitrine nationale a minima en matière d’entreprenariat et de commerce. En outre, l’émergence d’un quartier d’affaires dans ce quartier, qui contribuera fortement à sa mise en valeur, ne doit rien au hasard. En effet, l’arrivée prochaine du TGV à Bordeaux est prévue pour 2015. Dans cette perspective, une gare spécialement aménagée pour accueillir la LGV est en train d’être construite à Belcier. La communication avec Paris sera facilitée et deux heures de voyage maximum sépareront Bordeaux de la capitale au lieu des trois nécessaires aujourd’hui. (...)
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