"BOFS"

Le grand Stade, Le CAPC, Evento, Bordeaux & Cow

Le grand Stade

Le projet de construction d’un grand stade à Bordeaux est en débat et les controverses sont nombreuses. Certains le défendent en arguant qu’un club représentant la ville en championnat national voire européen se doit de disposer d’installations sportives à la hauteur de sa renommée. De plus, en construisant ce stade à Bordeaux Lac, cela permettrait de déboucher le centre ville et les abords du stade Chaban Delmas lors des matchs, tant il est vrai que les rencontres sportives provoquent bien des complications pour les riverains. De même, concentrer les supporters dans une zone relativement aisée à surveiller présente le net avantage de faciliter la prévention des débordements, qui si ils se produisent, auront alors lieu non pas en centre ville, mais en périphérie.
Toutefois, de nombreux bordelais, ainsi que de nombreux élus, à commencer par le Vert Pierre Hurmic, se sont prononcés contre le projet de construction d’un grand stade. Pour eux, ce stade répond uniquement aux impératifs du foot-business et Bordeaux n’a nul besoin de satisfaire aux normes de l’UEFA, puisque son stade historique, le stade Chaban Delmas, est en pleine rénovation. De même, ils rétorquent à leurs adversaires qui pensent qu’un plus grand stade signifie plus de spectateurs que le stade Chaban Delmas couvre les besoins de la ville puisque le taux de remplissage de celui-ci est de 78% en moyenne. Enfin, alors que les collectivités territoriales supportent déjà le coût de la rénovation du stade Chaban Delmas, classé monument historique, ils leur paraient déraisonnable d’imposer une nouvelle dépense s’élevant à 130 millions d’euros pour la construction d’un autre stade.

Ainsi, le projet de grand stade, qui de prime abord peut paraitre fédérateur, connait des accrocs importants et est encore loin de faire l’unanimité, alors même que la ville cherche à se dynamiser par tous les moyens. Mais justement, une question mérite d’être posée, à savoir si tous les moyens sont bons comme la construction d’un grand stade et créer ainsi une sorte de doublon avec l’existence de deux stades ou faut-il adapter la stratégie de développement aux dimensions de la ville et du rôle qu’elle entend jouer ?


Le CAPC

Avec le nouvel accrochage de sa collection intitulé CAPC, ou la vie saisie par l’art, le Centre d’Arts Plastiques Contemporains de Bordeaux a cherché, en ce début d’année 2010, à reconquérir son statut de haut-lieu de l’art contemporain acquis dans les années 1970 et 80 à la sueur du front de son fondateur, Jean-Louis Froment (?), limogé à l’arrivée d’Alain Juppé à la mairie de Bordeaux. En porte-drapeau de ce nouvel accrochage, une oeuvre monumentale de Christian Boltanski. L’effet Boltanski n’a pas pris à Bordeaux comme ce fut le cas à Paris au même moment, et la collection permanente ne draine pas les foules depuis février. On peut imputer ce semi-échec à une organisation thématique qui se veut inspirée de celle du Musée des Arts et Traditions Populaires, mais reste difficile à saisir, et à une sélection sans relief des oeuvres, plutôt ternes et souvent hermétiques. Qui plus est, à une période où la notoriété passe aussi par internet, le site web du CAPC est toujours inexistant : prévu pour mi-mai, il se résume pour le moment à un simple blog qui fait essentiellement office de revue de presse.

On peut toutefois observer le phénomène inverse pour ce qui est des expositions temporaires : qu’il s’agisse d’Insiders, organisée dans le cadre d’Evento, de l’exposition rétrospective du collectif Buy-Sellf Retour Vers le Futur ou de l’exposition monumentale Left Behind de Jim Shaw, ainsi que pour les grands événements organisés (Nuit des Musées, etc.), le public répond à l’appel.


Evento

Apporter l’art contemporain dans la rue était une bonne idée sur le papier. En pratique, l'expérience mérite d'être encore améliorée. Si l'exposition Insiders du CAPC, qui montrait comment les artistes utilisent la ville dans l'art, a plu aux amateurs d'art contemporain, les œuvres présentées en ville n'ont pas connu le succès attendu. Trop éparpillées pour certains, trop hermétiques pour d'autres, enfin, pas assez locales pour certains artistes Bordelais qui ont reprochéà l'organisation d'avoir choisi Didier Faustino, un non-bordelais, comme commissaire de cette biennale. Seule exception, la passerelle en bois de Tadeshi Kawamata, qui, forte de son succès populaire, est resté installée jusqu'au début du mois de juillet au niveau de la place des Quinconces.

Cependant, l'apport majeur de cet événement est symbolique : désormais, Bordeaux possède, à l'instar d'autres grandes villes comme Paris, Lyon ou Toulouse, sa grande manifestation d'art contemporain, et peut donc jouir d'une plus grande visibilité sur la scène culturelle nationale, voire internationale. Reste à transformer l'essai lors de la prochaine édition d'Evento, en 2011.


Bordeaux & Cow

Alors que la manifestation artistique et caritative vient de s'achever, le 14 septembre, et que certaines vaches sont encore installées, on peut en dresser un bilan mitigé. Le succès public de ces vaches bigarrées est incontestable, et les vacanciers ont pu profiter de cette attraction tout au long de l'été. Ce à quoi on peut ajouter le côté humanitaire de Bordeaux & Cow, puisque les vaches vont être vendues aux enchères au profit de la banque alimentaire.

Mais il y a plusieurs ombres au tableau : d'une part, les bovidés de résine ont eu chaud cet été : nombre de dégradations ont pu être constatées sur une partie des œuvres, dont certaines ont dûêtre rapatriées dans la cour de l'Hôtel de ville, comme la vache inspirée des rockers du groupe AC/DC. Pire encore, certaines des vaches ont été volées, probablement par des collectionneurs d'art, selon la mairie. Si la plupart ont été retrouvées, celle réalisée par l'artiste Jofo et parrainée par les Girondins de Bordeaux, la vache Marine, est toujours portée disparue, et ne pourra pas être vendue aux enchères. Un manque à gagner pour cette opération qui se veut porteuse d'une bonne cause.
 
 
O.Costa, H.Riffard, J.Baldacchino

 

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