URBANISME

Bacalan-Bastide : Histoire d’un pont

Le 9 décembre dernier, la première pierre du pont Bacalan-Bastide, cinquième édifice de franchissement de la Garonne dans la Communauté Urbaine de Bordeaux, a été posée. C’est la première étape de l’aboutissement d’un processus amorcé en 1999. L’occasion de faire le point sur le projet et sur plus de dix ans de polémiques.

Quatre raies de lumière émergeant de la Garonne à la nuit tombée, ont définitivement lancé, mercredi 9 décembre, les travaux de l’édifice le plus attendu depuis dix ans à Bordeaux, mais aussi le plus controversé : le pont levant Bacalan-Bastide. Ces quatre tirs pyrotechniques symbolisent les quatre piliers de ce pont monumental dont les travaux ont commencé en octobre dernier, et dont l’achèvement est annoncé pour l’automne 2012. Le montant des travaux, financés conjointement par la Communauté Urbaine de Bordeaux (CUB), la Région, le Département et l’Etat, s’élève à 146 millions d’euros.
Reliant la rive droite à la rive gauche, au niveau de la rue Lucien Faure à Bacalan, le pont, d’une longueur totale de 433 mètres, dont 117 de travée levante pour laisser passer les navires, mettra 11 minutes pour changer de configuration, et la CUB estime qu’une soixantaine de manœuvres seront faites chaque année. En plus des quatre voies de circulation classiques, le pont levant, déjà surnommé Ba-Ba, accueillera une voie de tramway, une réservée aux bus, et des passerelles pour piétons et deux roues.

Retombées économiques

En ce qui concerne les retombées économiques pour la communauté urbaine, la construction du pont suscitera la création de 120 emplois sur trois ans, dont un tiers provient directement des entreprises locales. De plus, ce nouveau franchissement de la Garonne représentera, selon les études menées par la CUB, une économie de temps pour les usagers devant traverser quotidiennement le fleuve, et qui à l’heure actuelle doivent emprunter le Pont de Pierre ou le Pont d’Aquitaine. Soit un gain de 29 millions de kilomètres par an, ce qui, en outre, représente un enjeu écologique majeur pour la communauté.

Polémiques et retards

Pourtant, la construction de ce pont a été loin de faire l’unanimité tout au long de l’élaboration du projet, lancé en juillet 1999 par une concertation publique. Il s’agissait à l’origine de permettre un nouveau franchissement de la Garonne. Si l’accord entre l’Etat, la Région, le Conseil Général et la CUB a été lancé en 2000, optant dès le début pour un pont levant plutôt qu’un tunnel, l’appel d’offres ne s’est conclu qu’en 2006, retenant la proposition de GTM, une entreprise du Groupe Vinci.
Dès lors, les opposants au projet se sont dressés, constituant une association et un site internet (pont.bacalan.bastide.free.fr), alors même que les soutiens au projet faisaient de même (www.pourlepontbaba.com). Selon les détracteurs, le pont, en plus de représenter un gaspillage d’argent, était un élément de pollution visuelle pour la ville. Sur ce point, l’UNESCO leur a donné raison, en formulant quelques réserves sur le projet, suspendant ainsi une épée de Damoclès au-dessus du classement de la ville au patrimoine mondial. Tous ces éléments ont petit à petit retardé le projet : les architectes ont dû retoucher le projet pour tenir compte de cet avis, de sorte que les travaux n’ont commencé que cet automne, à la date qui était, à l’origine du projet, annoncée comme celle de la mise en service du pont. Désormais, les travaux étant lancés, l’enjeu, pour la CUB, est de livrer l’édifice à la date annoncée.

Julien Baldacchino
 

 

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