Chaque fois qu’on me pose la question, « et alors, pourquoi
Bordeaux ? », je reste bouche bée. Effectivement, j’ai choisi d’étudier à
Bordeaux même si je ne connaissais quasiment rien de cette ville. Je pensais que mon Université serait proche des
vignobles renommés car, comme on dit, « si on coupe un Bordelais en deux, c’est du vin qui sort mais pas du sang ».
Cependant, comment une telle décision se prend-elle ? Déménager dans une ville étrangère sans trop la connaître constitue un risque : que se passera t-il si
Bordeaux ne me plait pas ? Pour ma part, je ne me suis pas posé la question. Mais je doute que tous les étudiants étrangers, lorsqu’ils ont décidé de venir à
Bordeaux, ont suivi le même parcours que moi. Certains ont dû mieux préparer leur arrivée en n’hésitant pas à se documenter davantage sur la ville : étude des cartes, évaluation du coût de la vie, navigation sur les
forums Internet, pour comparer les conseils d’autres étudiants ayant déjà séjourné à
Bordeaux. Nous avons tous nos petites anecdotes qui rendent compte de nos différentes expériences de vie à
Bordeaux.
Je suis ici depuis 4 mois, et ce n’est rien de dire que j’aime cette ville. Bien que les étudiants étrangers soient réputés pour leurs perpétuels déplacements, je n’ai même pas envie de quitter la ville pendant les vacances ou pour quelques jours. Rester à
Bordeaux, voir le soleil se coucher avec mes nouveaux amis le 31 décembre sur une ville où je crée une nouvelle vie me plaît. Certains parleraient de « cliché », cette seule idée pourtant me suffit.
Cependant, les
universités insistent sur la profonde réflexion que demande un départ. Je suis venue à
Bordeaux dans la cadre du
Middlebury Schools Abroad - un programme qui met l’accent sur l’obligation des étudiants à privilégier la langue du pays dans lequel ils séjournent et exige la signature d’une charte d’engagement. Ils ont le choix parmi trois villes :
Paris, où les étudiants séjournent depuis les années 40,
Poitiers et
Bordeaux, deux programmes plus récents qui ont débuté dans les années 90. David Paoli, directeur du programme, ainsi que son équipe, ont cherché des villes qui offraient ce que les étudiants à
Paris avaient des difficultés à trouver : des lieux moins fréquentés par les étudiants anglophones et donc plus « authentiques ». Avec son université renommée et sa riche histoire,
Bordeaux permettait de répondre aux attentes des étudiants qui cherchaient une expérience dans une grande ville française autre que
Paris.
Lors d’une entrevue avec Monsieur Paoli, j’ai pu lui demander pourquoi
Middlebury dispose d’un programme à
Bordeaux. La liste des qualités de
Bordeaux est longue, et ceci en explique ses attraits et l’envie d’y séjourner, notamment lorsqu’on est étudiant.
Bordeaux est également une ville qui offre à ses résidents de nombreux avantages logistiques et infrastructures. Le lieu, la taille de la ville, ainsi que son système de transport en commun efficace, sont attrayants.
Il m’est parfois difficile de trouver les mots pour décrire d’autres côtés du charme de
Bordeaux. Par exemple, le simple plaisir de se balader au
marché de Noël ou sur les quais, ou bien la taille moyenne de la ville qui facilite la rencontre au hasard de personnes que l’on n’a pas vu depuis plusieurs semaines ; la solidarité dont font preuve les habitants durant les heures de pointe dans le
tram, ou le soleil pas encore levé pendant le trajet vers la faculté qui procure un instant une sensation de solitude.
Ma réflexion m’a poussée à remarquer que la majorité des personnes qui viennent à
Bordeaux sont surtout attirées par ses qualités de façade : une ville historique mais moderne. Pourtant, que l’on soit un étudiant étranger ou un résident permanent à
Bordeaux, on cherche des choses plus profondes et plus abstraites. Le sentiment qui nous rend fier, qui nous permet de dire que la ville nous appartient, de même que nous appartenons à la ville.
« Qu’est ce qui nous attire, étudiants étrangers, à
Bordeaux ? Je crois que j’ai trouvé… ».
Julia Gueron
Légende photo : "Une étudiante étrangère, déçue par la vie étudiante ailleurs, retrouve le chemin de Bordeaux..."