Développement

Bordeaux : l’attractivité comme mot d’ordre

Lors de sa conférence de rentrée, dans les salons de l’Hôtel de Ville le 5 septembre dernier, Alain Juppé a présenté ses orientations pour l’année à venir. Devant un parterre de journalistes qui attendaient avant tout des réactions sur le procès de Jacques Chirac ou la situation en Libye, le ministre des affaires étrangères a donné la priorité à sa ville.

Alain Juppé a défini deux axes de priorité pour cette rentrée municipale : la qualité de vie, et l’attractivité économique. Concernant le premier de ces deux axes, le maire de Bordeaux a rappelé les grands projets en matière d’habitation, rappelant notamment que la construction de l’écoquartier Ginko respectait son calendrier. L’éducation, rentrée des classes, a également été passée en revue, avec notamment l’installation de tableaux de classe numériques, 120 d’ici à trois ans. Enfin, M. Juppé s’est félicité de la politique culturelle de la ville, citant un article de la revue des Beaux-Arts : « D’après cet article, Bordeaux et Lille sont les seules villes a avoir attribué 20% de leur budget à la culture et à ne pas faire faillite, a-t-il rappelé, ajoutant, en guise de plaisanterie, c’est un grand bonheur d’être associé à Martine Aubry ! »
 
Après avoir annoncé la construction d’un nouveau gymnase par an à l’horizon 2014 - la prochaine échéance électorale, pour laquelle Alain Juppé n’exclut pas de se représenter, le premier magistrat de Bordeaux s’est attaqué à la pointilleuse question de l’attractivité économique de la ville. Bien que beaucoup d’entreprises s’intéressent à Bordeaux - selon les dires de M. le maire, il faut améliorer le potentiel d’attrait, et les atouts de la capitale girondine. A commencer par la communication sur l’image même de la ville, pour lequel aucune mesure claire n’a été proposée. Le problème est également logistique : il s’agit, pour l’équipe municipale, d’offrir une capacité d’accueil suffisante pour les entreprises qui souhaiteront s’installer à Bordeaux. Le quartier des Bassins à Flots devrait donc faire l’objet de travaux pour recevoir des entreprises, de même que le nouveau quartier Euratlantique, qui va progressivement sortir de terre, et sur lequel « il y a de très bonnes pistes », a annoncé M. Juppé.
 
L’économie à Bordeaux se fonde aussi sur le tourisme, le commerce et l’artisanat. Un tourisme qui se porte bien, notamment grâce au développement des navettes fluviales et du ponton d’honneur inauguré en mai dernier, qui ont bien fonctionné cet été. En matière de commerce et d’artisanat, la conférence n’a pas été l’occasion de présenter de nouveaux projets ; mais Alain Juppé a souligné que la municipalité mettrait en oeuvre les moyens nécessaires pour ne pas pénaliser les commerçants de la rue Fondaudège, qui sera bientôt occupée par les travaux de la ligne D du tramway. Parkings de substitution seront donc au programme des prochains mois dans ce quartier de Bordeaux.
 
Enfin, qui dit puissance économique dit efficacité des transports : c’est sur ce point qu’Alain Juppé a le plus surpris l’auditoire. Non pas en annonçant l’aménagement de couloirs de bus. Pas non plus en promettant une mise à deux fois trois voies de la Rocade (trois voies dont une pourrait être affectée uniquement aux transports doux). Mais en remettant sur la table le vieux dossier du grand contournement de Bordeaux, dossier plusieurs fois enterré et exhumé. « Il n’y a que les imbéciles qui ne changement pas d’avis. Le défi, c’était que la SNCF puisse développer le transport de Fret en contournement. Nous avons vu qu’elle en était incapable », a souligné le maire. Cela dit, il n’a proposé aucune piste concrète : le contournement sera-t-il routier ou ferroviaire ? S’inspirera-t-il de modèles étrangers ? Les réponses seront apportées dans les mois à venir , notamment dans le cadre du Grenelle de la mobilité que souhaite lancer Vincent Feltesse, président de la CUB.
 
Beaucoup de projets donc sur l’agenda de cette année 2011-2012, qui viennent s’ajouter aux projets déjà en cours (LGV, Grand Stade, etc.). Reste à voir si l’équipe municipale parviendra à tenir ses objectifs. Critère qui risque de s’annoncer important à un peu plus de deux ans des prochaines élections municipales.
 
Julien BALDACCHINO

 

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