Ecologie

Bordeaux mise sur le développement durable

La ville de Bordeaux et la CUB multiplient les initiatives dans le domaine du développement durable. En effet, ce dernier constitue une part importante de l’identité bordelaise. Il s’articule en deux volets principaux. D’un côté, les politiques de développement durable bénéficient d’un large soutien de la part des principaux acteurs de la vie politique de la cité ; et d’un autre côté, la promotion massive de l’écologie dans l’agglomération conduit tout naturellement ces politiques de développement durable à s’imposer via des structures dédiées au grand public.

Un calendrier et des structures politiques au service des politiques de développement durable

L’évolution de nos modes de consommation ne peut se faire sans programme. C’est en ce sens que le Sommet de la Terre à Rio a institué l’Agenda 21, qui se donne pour objectifs de préserver la planète, économiser les ressources et offrir à chacun des conditions de vie dignes et équitables. Cette une véritable démarche qui nécessite de poser un diagnostic des problématiques rencontrées afin de les résoudre, mais aussi un programme d’action à élaborer et la mise en place d’indicateur d’évaluation des actions engagées. Aussi, la ville de Bordeaux a franchi ces trois étapes et adopté son Agenda 21 lors du Conseil municipal du 22 décembre 2008.
 
L’Agenda 21 mis en place par la mairie de Bordeaux comporte trois volets fondamentaux :
- 
Un volet environnemental qui prend en compte les préconisations issues du Grenelle de l’environnement. Il inclut ainsi un plan climat énergie, ainsi que la mise en valeur des espaces verts, mais aussi des transports écologiques avec le développement d’alternatives à l’automobile comprenant entre autre le tram et les Vcub.
- Un volet économique qui vise en particulier à l’insertion des populations fragilisées, suivant par là même les résolutions du Sommet de Rio en matière de conditions de vies.
- Enfin, l’Agenda 21 comprend un volet social qui s’appuie sur les réalisations du 3e projet social. Ce projet vise à réaliser un plan d’action sociale sur le territoire mis en chantier en mars 2009. Il s’agit de rapprocher les Bordelais, de développer les relations d’entraide. De même, la concertation et la co-construction des politiques est au cœur du projet ainsi que la dynamisation du milieu associatif. Enfin, l’accent est mis sur la lutte contre les discriminations et l’intégration des handicapés. Ce projet a été réalisé en concertation avec les responsables élus et associatifs ainsi que les habitants des quartiers de Bordeaux et a été adopté en janvier 2010. 

De nombreuses initiatives pilotes et associations fortement impliquées dans le développement durable sont subventionnées par le biais du programme de l’Agenda 21. Pour l’année 2010, plusieurs réalisations sont à mettre en exergue, notamment la rénovation énergétique des bâtiments municipaux (à hauteur de 2M Euros) ou encore la mise en service de la maison éco-citoyenne (1,2M Euros).

En plus des actions de la ville de Bordeaux en faveur du développement durable, la CUB n’est pas en reste non plus avec la création du Conseil de Développement. Ce conseil est un espace de débat, de dialogues et de concertations sur les principaux projets d’aménagements territoriaux. Le C2D intègre les enjeux de développement économique, social et environnemental de l’agglomération.

Composé des représentants des milieux économiques, sociaux, culturels et associatifs et de citoyens, le Conseil de développement a, selon les compétences que lui confère l'article 26 de la loi Voynet (Loi d'Orientation sur l'Aménagement et le Développement Durable du Territoire du 25 juin 1999), un rôle consultatif. Le Conseil poursuit en particulier une réflexion axée sur les problématiques environnementales émergentes et la métropolisation de l’agglomération. Ainsi, par exemple, le C2D a fournit une expertise en matière d’alimentation durable en suggérant l’arrêt de l’utilisation intensive de pesticides dans l’agriculture et la viticulture.


Des réalisations concrètes visibles qui portent leurs fruits

La Maison éco citoyenne est issue de l’Agenda 21 adopté par le ville de Bordeaux. C’est une initiative qui vise à promouvoir et à sensibiliser le grand public au développement durable. Sise Quai Richelieu à proximité du Pont de Pierre et face à la Porte Cailhau, elle est à la fois un centre de ressources, un lieu d’exposition et un espace d’échange pour permettre aux Bordelais de changer de comportement afin d’adopter une posture éco-citoyenne. Elle se présente comme un laboratoire d’idées à la disposition de tous de manière à ce que tout un chacun puisse les reproduire chez soi consistant à montrer les bonnes pratiques à mettre en œuvre en matière d’économie d’énergie ou de ressources (eau et électricité par exemple). Anciennement maison des dockers, elle a été réhabilitée de manière à correspondre à un cahier des charges écologiques exemplaires privilégiant la Haute Qualité Environnementale (label HQE). Cette maison se veut une vitrine du savoir faire écologique et de développement durable dans le cadre d’une urbanisation maitrisée. En témoignent par exemple la toiture végétalisée et les 150m² de panneaux solaires. Elle s’impose comme un modèle de référence en termes d’habitation écologique et durable. Toutefois, il reste à déterminer avec précision quel est l’impact réel d’une telle démonstration et si sa vocation première sera remplie, à savoir susciter avec succès chez les Bordelais l’émergence de pratiques écologiques compatibles avec le développement durable.
 
En outre, la politique de développement durable suivie à Bordeaux est aussi visible à travers bon nombre de mesures dont la plupart des Bordelais profitent. En effet, le cadre de vie et son amélioration font l’objet d’une attention toute particulière de la part des pouvoirs publics. L’agglomération lutte contre la saturation de son espace par les voitures et développent de manière intensive des alternatives à l’automobile en centre ville surtout. Ainsi, la politique de transport répond à la fois à des exigences écologiques, économiques, mais aussi de modernisation de la ville. L’apparition du tramway et des VCub participent à l’embellissement du cadre de vie, tout comme la réhabilitation des Quais et la politique de rénovation des quartiers du centre en créant de grandes zones piétonnes. De même, les espaces verts se multiplient en fonction des aménagements urbains effectués comme sur les Quais par exemple. Enfin, le tri des déchets, si il n’est pas toujours une réussite et si il a du mal à s’imposer dans les pratiques collectives, est effectif dans tous les quartiers de l’agglomération aussi bien chez les particuliers que sur la voie publique.
 
En conclusion, les efforts fournis par la ville de Bordeaux en matière de développement durable trouvent un écho manifeste. Bordeaux a reçu en 2008 un Ruban du développement durable, prix renouvelé en 2010 pour récompenser la vision pionnière de la ville en la matière et qui salue la perspective d’avenir dans laquelle s’est engagée la ville.
 
Hugues RIFFARD

 

Réagir à cet article

SPIP - Valid XHTML - Valid CSS