SECURITE

Bordeaux va multiplier le nombre des caméras de surveillance sur la voie publique

La mairie de Bordeaux, en lien avec les services de la préfecture départementale, devrait mettre en place un plan de prévention et de lutte contre la délinquance qui comprend l’installation de caméras de surveillance dans les lieux à forte affluence.

Le dispositif municipal
La mairie de Bordeaux a mis en place un dispositif de vidéo-protection dans les artères et les endroits les plus animés. Le parc comprend environ 55 caméras à l’heure actuelle. Elles sont réparties en deux groupes : environ 25 caméras de vidéo-protection sont installées au niveau des bornes de contrôle d’accès au centre ville pour les voitures (environ une borne sur trois est ainsi surveillée) et une trentaine d’autres sont disséminées sur la voie publique, notamment sur le quai de Paludate, à la Victoire, au miroir d’eau, au Parc des Sports et place Gambetta.
Ce quadrillage de la ville répond à des normes établies pour prévenir et lutter contre tout acte délictueux. En effet, les caméras sont reliées au PC vidéo de la police municipale à l’Hôtel de ville qui les visionne en temps réel et peut ainsi envoyer des unités de police instantanément sur place lors d’une altercation par exemple. Ces mesures ont apparemment été efficaces et les caméras ont rempli une fonction de dissuasion qui a fait ses preuves, notamment dans le secteur des boîtes de nuit, le quai de Paludate, auparavant très touché par la délinquance et les bagarres de fin de soirée.

Extension du parc de caméras municipales
Malgré leur efficacité, les caméras sont très décriées en raison de l’important investissement qu’elles représentent en matériel, installation et entretien, et des risques potentiels qu’elles font peser sur la population, en stigmatisant certains groupes par exemple. C’est pourquoi le plan d’extension du parc de caméras municipales a été âprement débattu au Conseil municipal.
Ce plan prévoit l’installation de dix nouvelles caméras à des points stratégiques de forte affluence, comme le Pont de Pierre, la place Stalingrad ou encore le cours Victor Hugo, pour un budget conséquent de 732 000 euros. Toutefois, ce projet, malgré les vives contestations qu’il a soulevé, devrait être appliqué et Alain Juppé a souligné que « la sécurité et la tranquillité publiques font partie des libertés les plus fondamentales ».
La création et l’extension du parc de caméras municipales répondent en effet à une demande spécifique de sécurité, relayée par l’Etat, qui encourage ce type d’initiative au niveau local.

Le dispositif de la Préfecture départementale
En lien avec la mairie bordelaise qui développe son propre parc de caméras, la Préfecture départementale de la Gironde, en application de mesures prises par l’Etat, devrait prochainement mettre en place des caméras de vidéos surveillance. Environ 400 caméras devraient être installées dans le département d’ici 2011. Elles font parties du plan de prévention et de lutte contre la délinquance annoncé par le Préfet et le Procureur le 13 novembre 2009 pour garantir une plus grande sécurité aux Bordelais. Il s’articule autour de six axes principaux, dans lesquels sont regroupées une soixantaine de mesures : délinquance des mineurs, sécurité passive, conduites addictives, alcool, prévention de la récidive et violences intra familiales. L’accent est mis sur la prévention de la délinquance des mineurs et sur la consommation excessive d’alcool, dont la vente sera réglementée. Ainsi, la vente d’alcool dans les discothèques sera autorisée jusqu’à 4h, même si celles-ci peuvent rester ouvertes jusqu’à 6h du matin. En outre, une équipe de prévention patrouillera sur les lieux de sorties nocturnes (Victoire, Paludate, Saint Michel…). Dans sa totalité, ce plan devrait couter 2,5 millions d’euros.

Ainsi, Bordeaux, avec ses caméras de vidéo-protection municipales et le plan préfectoral de prévention et de lutte contre la délinquance, tente d’apporter une réponse au problème de l’insécurité pour les Bordelais. Les caméras de surveillance sont donc insérées dans un dispositif plus global de prévention et de lutte contre la délinquance, dont elles ne constituent qu’un outil parmi d’autres. Même si elles semblent porteuses d’une certaine efficacité, il faut rappeler l’investissement important qu’elles représentent (732 000 euros pour 10 caméras) et les questions d’ordre juridique et philosophique qu’elles soulèvent (respect des libertés individuelles, dérapage sécuritaire, peur de Big Brother…).

Hugues Riffard
 

 

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