Du pin, du vin et Bordeaux

Comme se plaît à le rappeler le Président du Conseil régional d’Aquitaine, Alain Rousset, notre région est historiquement une terre de cueillette. L’abondance de la vigne et du pin ont fait la richesse de la région ; à l’inverse, parmi d’autres facteurs, elle a freiné son industrialisation et son ouverture sur le monde. Certes, l’économie aquitaine, et tout particulièrement celle de la région bordelaise, a bien changé ; l’industrie aéronautique civile et militaire s’y est largement développée et, désormais, d’autres secteurs sont en plein essor, qu’il s’agisse des services, de l’électronique de pointe, des lasers ou de l’agroalimentaire.
 
Le pin et le vin restent néanmoins des fondamentaux de l’économie en Aquitaine.
En premier lieu, il s’agit d’activités non dé-localisables, qui ont survécu à toutes sortes de crises et sont, aujourd’hui encore, pleines de promesses.
Pin et vin demeurent, par ailleurs, des marqueurs fort de l’identité de la région, d’un point de vue culturel et en terme d’image. L’Aquitaine est réputée pour ses espaces naturels, à travers notamment la forêt des Landes, plus grande forêt européenne. S’agissant du vin, on rappellera la confusion sémantique qui existe entre Bordeaux, la ville, et Bordeaux, le vin, qui permet à notre ville de bénéficier d’une grande notoriété spontanée, notamment à l’échelle internationale, et contribue à son aura de luxe et d’art de vivre. La vigne que l’on cultive dans tout le Sud-Ouest est, plus largement, une composante centrale d’une gastronomie renommée.
Pin et vin sont enfin deux secteurs économiques porteurs. L’industrie du luxe – dont relève la partie la plus noble de la production du bordelais – reste florissante, à l’heure où l’économie française peine à rester compétitive dans la production des biens de consommation courante. L’industrie du bois connaît, quant à elle, un net regain d’intérêt dans le contexte de la réflexion sur le stockage du carbone, de la prise en compte des questions écologiques dans l’habitat, de la préservation des espaces naturels et de la biodiversité, de la consommation de produits locaux. Dans ce contexte, les Landes, plus grande forêt d’Europe, connaissent un fort regain d’intérêt. Ces deux secteurs font ainsi l’objet d’attentions renouvelées de la part des pouvoirs publics, qui leur apportent leur soutien et accompagnent leur transformation, en encourageant notamment la recherche dans ces domaines.
 
Néanmoins, ces deux secteurs sont en crise. L’industrie vitivinicole doit faire face à de multiples défis : baisse constante de la consommation de vin du fait de l’évolution des modes de vie et des préoccupations de santé publique, montée en puissance de la concurrence des autres vignobles, en France, en Europe et à l’échelle internationale, évolution des goûts des nouvelles générations de consommateurs, réforme de la politique européenne du vin et des normes internationales qui gouvernent ce secteur. La filière sylvicole a, quant à elle, fortement souffert des tempêtes répétées qui ont affecté l’Aquitaine ces dernières années (1999, 2003, 2009). Elle pâtit également des réformes de la politique agricole commune, de la concurrence des bois d’importation et des grands travaux d’infrastructure (autoroute, LGV, urbanisation…).
 
Pour faire le point sur ces enjeux, V.A.B. consacre ce mois-ci deux articles au marché du vin et un au secteur sylvicole.

Nous attirons également votre attention sur les nouveaux témoignages de néo-Bordelais et sur les nouveaux articles du guide de Bordeaux, consacrés à l’œuvre de Le Corbusier dans notre ville et ses jumelages.
 
Bonne lecture !
 
Olivier Costa et Richard Jouvin


Crédit photo Anthony ROJO www.anthonyrojo.canalblog.com


 

Réagir à cet article

SPIP - Valid XHTML - Valid CSS