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Bordeaux 2013, L’extention du Tram

Bordeaux 2013

Chaque année depuis 1985, une ou plusieurs villes européennes (deux actuellement) bénéficient pour un an du label « capitale européenne de la culture ». Si peu de moyens s’attachent à cette désignation, elle est prestigieuse et suscite une large couverture médiatique. Un nombre croissant de villes sont ainsi candidates à ce titre, qui leur permet tout à la fois de valoriser leurs atouts t de mettre en place des projets de moyen terme. Certaines cités ont tiré un grand profit de cette opération en termes d’image, de rénovation urbaine et de flux touristique. Ce fut le cas d’Avignon en 2000, de Salamanque en 2002, de Lille en 2004 ou encore de Liverpool en 2008. Pour d’autres, l’opération est moins profitable, faute d’un projet solide et d’une mobilisation suffisante des acteurs concernés.
Lancée en 2008, la candidature de Bordeaux au titre de Capitale de la culture 2013 se voulait un catalyseur pour poursuivre la mue de la ville – vrai réussite du point de vue de l’urbanisme et des transports – sur le terrain culturel. Les enjeux étaient multiples : améliorer l’offre culturelle pour les habitants, nouveaux, anciens et à venir, attirer les touristes, changer l’image un peu compassée de la Bordeaux, y attirer de nouveaux investisseurs, étendre le processus de rénovation urbaine aux quartiers plus périphériques.
Bordeaux 2013 a bénéficié de larges moyens et d’une belle synergie des acteurs publics, de droite comme de gauche. Les différents échelons du gouvernement local (ville, communauté urbaine, département, région) ont réussi à s’accorder pour soutenir le projet et mobiliser les acteurs associatifs, socio-économiques et mêmes les simples citoyens.

Au terme de plus d’un an d’efforts, le comité de sélection a finalement retenu la candidature de Marseille, qui semblait pourtant moins solide. Certains y ont vu le résultat d’un arbitrage de l’Elysée, dont le locataire semblait peu désireux d’offrir un succès à Alain Juppé, rival potentiel.

On peut aussi s’interroger sur la stratégie retenue. Celle-ci visait avant tout à casser l’image bourgeoise et hautaine de la ville, et à en valoriser d’autres aspects, mal connus ou en germe. Cette stratégie a notamment pris la forme d’une série de montages photos insérant les barres d’immeubles de du Grand Parc derrière les façades classiques des quais, coiffant la base sous-marine d’un chapeau évoquant le musée Guggenheim de Bilbao, ou installant la dune du Pyla sur la place des Quinconces. L’objectif était de ne pas figer Bordeaux dans son image de musée à ciel ouvert, labellisé par l’Unesco, et d’en proposer une vision rajeunie, iconoclaste, intrigante. Soit. Mais n’était-ce pas surestimer le poids du stéréotype bordelais ? Avant de casser l’image de Bordeaux-la-belle, encore fallait-il s’assurer qu’elle existe bien, au-delà des frontières de l’Aquitaine. Il est à craindre que certains aient pris les montages photo pour argent comptant, et, faute de mise en valeur plus systématique, n’aient trouvé au final la ville peu attirante dans son classicisme et peu crédible dans sa rébellion. N’est pas Berlin qui veut.

Par ailleurs, alors que Marseille proposait un projet tout entier fondé sur le dialogue méditerranéen, le fil rouge de la candidature bordelaise était ténu. D’une certaine façon, l’échec de Bordeaux 2013 nous renvoie aux ambivalences et contradictions d’une ville qui a du mal à affirmer son identité au-delà du sempiternel rapport au vin.
Enfin, certains acteurs ont estimé que la candidature bordelaise avait été maladroite en ce sens que le label « ville européenne de la culture » n’avait pas vocation à compenser les carences de l’action publique dans ce domaine, mais au contraire à mettre en valeur leur action.

Malgré l’échec de la candidature, la ville a décidé de mener à bien une partie de son programme, à commencer par la mise en place dès 2009 de la biennale « de création urbaine », baptisée Evento. La rénovation des quartiers plus périphériques de la ville (Bacalan, Belcier, St Michel) s’inscrit également dans ce sillage. Il en va de même de toute une série d’action de mise en réseau des initiatives de culturelles dans la région bordelaise et de revitalisation de la création culturelle.

Au final, ce qui a été le plus marquant dans cette expérience malheureuse, et le plus encourageant, c’est la capacité des Bordelais à se mobiliser pour leur ville. Plus de 2500 d’entre eux avaient ainsi d’adhéré à l’association Bordeaux 2013 et fait souffler « l’esprit 2013 » sur la ville. Le jury avait ainsi été marqué par la qualité de l’accueil des Bordelais et leur nombre sur tous les sites de la visite, ce qui avait contribué à casser l’image de ville morne qui colle à Bordeaux, sans doute bien plus que les montages photos à l’esthétique discutable.


L'extention du Tram

Le tram va connaitre plusieurs extensions qui ont pour objectif de prolonger la ligne A de Mérignac-Centre jusqu’à Mérignac-Les Pins et la Rocade (3,1 kilomètres) ; d’étendre la ligne B de Bougnard jusqu’à Pessac Alouette (3 kilomètres) et de Claveau jusqu’à la zone industrielle de Bordeaux Nord (1 kilomètre) ; et de prolonger la ligne C de Bègles Terres Neuves au futur lycée de Terre-Sud (3,8 kilomètres) et des Aubiers à Blanquefort. Enfin une quatrième ligne serait mise en circulation, la ligne D, desservant Le Haillan et Saint-Médoc des Halles. L’arrivée du tramway a eu deux principales retombées : la première a été l’intégration économique d’un grand nombre de communes de la rive droite, la seconde a été la hausse du niveau de vie dans l’ensemble des quartiers concernés par le tram, directement visible dans la vitalité économique des entreprises situées dans le corridor du tramway et dans la hausse du prix de l’immobilier.
L'extension des 3 lignes du tramway (A, B et C) s'inscrit dans une volonté commune des différentes formations politiques siégeant à CUB. Concrètement, pour ces trois lignes, les travaux devraient débuter en 2011 pour prendre fin à l'horizon 2013-2014.
Toutefois, plusieurs couacs sont à déplorer dans la gestion des travaux. En effet, la ligne pour Eysines ne sera construite qu’en 2014 au lieu du calendrier arrêté au commencement du projet. Les premiers retards s’accumulent, rendant caduque le plan de départ. De même, le choix de l’axe du tracé fait des vagues, car le tram est prévu pour passer rue Fondaudège. Or, les riverains s’opposent fortement à ce tracé et les controverses entretenues ne font que retarder un peu plus les travaux.
Ainsi, si l’extension du tram aux Aubiers, avec la création d’un éco quartier, ou encore la liaison des deux hôpitaux (Haut Lévêque et Xavier Arnozan) profite à la ville, il ne faut pas oublier que son tracé est sujet à caution dans certaine partie, notamment sur la ligne d’Eysines, et que certains sites qui auraient tous avantages à être desservis ne le sont pas , comme l’aéroport, qui reste enclavé, en contradiction avec l’apparente politique d’ouverture vers l’international et le national de Bordeaux grâce à la mise au point de nœuds de communication.
 

O.Costa, H.Riffard



 

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