Né d’une initiative militante, l’association
Autocomm créée en 2001 est devenue une SCIC à but non lucratif rebaptisée
Autocool en 2006. Le principe de l’autopartage part du constat que nos besoins en matière d’automobile évoluent et qu’aujourd’hui, en raison des encombrements routiers, de la pollution, du coût du carburant et des assurances, posséder une voiture n’est plus à la portée de toutes les bourses, surtout si son utilisation est occasionnelle.
Lorsque l’on habite en centre ville, la possession d’un véhicule devient très vite une contrainte, pourtant, il est parfois difficile de s’en passer. Que ce soit pour le travail, les courses ou les week-ends, la voiture reste le meilleur moyen de se mouvoir. Malgré un réseau de transport en commun performant et développé, se déplacer au sein de la
CUB se révèle souvent difficile sans véhicule. C’est pour cette raison qu’en 2001, cette association bordelaise a décidé de mutualiser des véhicules entre adhérents pour en faire ponctuellement bénéficier ceux qui n’en possèdent pas. Moins cher et plus flexible qu’une location classique, l’autopartage se présente comme la solution aux problèmes de circulation des étudiants, actifs et personnes âgées résidants dans les centres urbains et ne possédant pas de véhicule particulier.
L’initiative est séduisante car en plus de décongestionner les grands centres urbains (1 véhicule partagé équivaut à 8 véhicules de moins sur les routes) elle s’inscrit en cohérence avec une logique de développement durable. En prônant une utilisation raisonnée de l’automobile, l’autopartage permet de dégager de l’espace, de limiter les déplacements inutiles (quand on possède une voiture, on a tendance à l’utiliser deux fois plus que lorsque l’on en possède pas) et donc les émissions de gaz polluants. Selon Nicolas Guenro, directeur d’Autocool « il s’agit de passer de la voiture comme objet social à une voiture utile, que l’on utilise quand c’est réellement nécessaire ». Pour
l’ADEME « 70 % des trajets effectués par ce moyen ne pourraient pas être faits autrement qu’en voiture, la desserte en transports publics n’étant pas assez complète, la course en taxi et la location traditionnelle de voiture n’étant pas adaptées pour des trajets de moins d’une demi-journée. ».
L’autopartage n’est donc pas conçu comme une fin en soit et il doit se penser en complément des transports en commun. Il s’agit de rendre l’utilisation de la voiture complémentaire de l’utilisation du tramway et du bus et il apparaît rapidement qu’une utilisation trop fréquente d’une « voiture partagée » revient chère. De même, vous ne pouvez pas, à l’instar du principe du Vélib’, prendre un véhicule dans une station et le laisser dans une autre. Vous êtes obligé de restituer le véhicule à l’endroit où vous l’avez trouvé. Vous ne pouvez pas encore circuler en toute liberté d’une station à l’autre et cette contrainte vous fera réfléchir avant d’emprunter une voiture. Cela reste cependant l’alternative la plus intéressante à ce jour en termes de mobilité au sein de l’agglomération. Avec plusieurs formules adaptées à tous les besoins (particuliers, étudiants, coopératives), Autocool a vocation à s’élargir à tous les publics.
Disposant à ce jour de 27 véhicules et de 21 stations réparties sur toute la CUB, cette initiative soutenue par les collectivités territoriales possède un réel potentiel d’évolution.
Societe Cooperative d’Interet Collectif
http://www2.ademe.fr, section Autopartage
Axel Villareal