Industrie

La filière bois en Aquitaine

La filière forêt – bois – papier fait partie des trois grandes filières de production de l’Aquitaine, avec le vin et l’aéronautique. Mais en janvier 2009, la tempête Klaus qui a balayé la région, notamment les Landes de Gascogne, a ravagé 300 000 hectares de forêt de pin. Le point sur un pilier économique majeur et innovant qui peine cependant à se remettre.

L’importance économique de la forêt aquitaine s’exprime avant tout en chiffres : la forêt aquitaine est la première forêt cultivée d’Europe avec 1.8 million d’hectares et compte pour le quart de la récolte nationale. Elle représente un atout économique majeur puisqu’elle fournit 34 000 emplois (plus de 10% de l’emploi industriel de la région) pour un chiffre d’affaires de 2.5 milliards. En outre 80% de la récolte est transformée sur place.

Les résultats des entreprises régionales placent la filière en position de leader sur le plan national pour les volumes récoltés et sciés. Les principales activités sont constituées par le sciage, la fabrication de caisses et de palettes, de parquets et lambris, de papier, carton et de panneaux. Les entreprises sont très nombreuses et réparties sur tout le territoire aquitain.
Image Etablissement de sciage, rabotage, ...

Il est important de noter que les entreprises de la région se sont engagées dans une démarche de qualité et respectueuse de l’environnement : en 2002, le massif forestier aquitain a en effet obtenu la certification PEFC (Programme européen de Certification forestière). A l’heure actuelle, 800 000 hectares de forêts sont certifiés. En quelques mots, la certification permet au consommateur de s’assurer que le bois qu’il achète provient d’une forêt exploitée et aménagée de manière durable et responsable (chaine de traçabilité…)

Les professionnels du bois en Aquitaine sont regroupés dans plusieurs organismes destinés à adapter les capacités de l’industrie forestière à la demande du marché national et international. On trouve ainsi la FIBA, Fédération des Industries du Bois d’Aquitaine, qui représente l’exploitation forestière et l’industrie et qui est une force de proposition auprès des instances administratives et politiques ou le CIBA, Centre Interprofessionnel des Bois d’Aquitaine, qui prend en charge toutes les démarches liées à la certification forestière et promeut les matériaux issus de la gestion durable. A côté de ces organisations, qui sont les plus connues, on peut également citer le SYSSO (Syndicat des Sylviculteurs du Sud-Ouest) et la maison de la forêt , le CIPM (Comité Interprofessionnel du Pin Maritime), la CAFSA (Coopérative Agricole et forestière sud-atlantique), ETF (Entrepreneurs de travaux forestiers,...)

La tempête Klaus, intervenue le 24 janvier dernier a mis à mal un secteur professionnel déjà fragilisé par la tempête de 1999. La forêt aquitaine en avait gardé d’importantes séquelles : les montagnes de bois déraciné ou endommagé avaient conduit à une surexploitation des parcelles et, au final, à la suppression de près de 300 emplois tant l’offre excédait la demande…Par ailleurs, les subventions tardant pour la restauration des parcelles sinistrées, le reboisement devait durer jusqu’à la fin de la décennie, date à laquelle Klaus a frappé le territoire. D’une violence supérieure à celle de 1999, Klaus laisse un lourd bilan : sur le million d’hectares de pins maritimes du massif aquitain, 300 000 hectares ont subi plus de 20 % de dégâts, et 37,2 millions de m3 de forêt sont tombés(contre 28 millions en 1999). Il faut se souvenir que les forêts ne bénéficient pas du statut de catastrophe naturelle et ne sont donc pas couvertes par les assurances. Les propriétaires avaient déjà réinvesti après 1999, par conséquent les caisses sont vides, sans compter que la crise économique mondiale provoque un fort ralentissement dans les commandes. Le risque est que les arbres touchés soient laissés pourrir faute de pouvoir les écouler..

L’avenir de l’industrie forestière semble être dans le potentiel aquitain en matière de recherche, largement soutenu par le Conseil Régional. Pour ce faire, la région peut compter sur des structures de recherche compétentes et reconnues comme l’unité de recherches forestières de l’Inra de Bordeaux, le laboratoire de Rhéologie des bois de Bordeaux ou encore le centre technique et industriel FCBA. Dès 2OO5, la création d’un pôle de compétitivité IPMF (Industries et Pin Maritime du Futur) montrait d’ailleurs la volonté des acteurs de a filière de bois d’être à la pointe de l’innovation dans ce domaine. Désormais rebaptisé Xylofutur, il a pour mission principale de faire émerger des projets innovants au profit de la filière forêt-bois-papier d’Aquitaine. Il compte près de 125 Membres actifs dont 67 entreprises, 12 Centres de recherche, 15 Centres de formation, et 31 autres partenaires (Fédérations, Institutionnels, Collectivités, Agences ou organismes affiliés). Il faudra suivre attentivement son évolution dans les prochaines années.


Sarah Pineau

 

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