Le marché immobilier

L’immobilier : l’atout bordelais

En dix ans, les prix de l’immobilier français ont augmenté de 140%. Au cours de la même période, à Bordeaux, l’une des villes les moins chères de France, de grands travaux d’aménagement étaient entrepris et le prix du m2 doublait, mettant en péril l’attractivité de la capitale aquitaine. Aujourd’hui, en pleine crise économique, la tendance s’inverse et l’immobilier redevient l’atout bordelais.

Les chiffres récemment publiés par la FNAIM (fédération nationale des agents immobiliers) font état des conséquences de la crise économique sur les prix de l’immobilier. Au niveau national, en 2008, on a observé un « réajustement du niveau des prix » de 10% en moyenne. Une tendance inégale selon les villes. Si certaines ont perdu jusqu’à 20%, à Bordeaux, la dernière estimation fait état d’une hausse de 1,2%. Un chiffre qui souligne la progressive stabilisation du niveau des prix de l’immobilier bordelais. Selon les quartiers, la réalité diffère. Si la crise ne semble pas être arrivée jusqu’aux abords du Jardin Public, partout ailleurs, les prix ont chuté. Dans le centre ville, pourtant bien côté, on enregistre une baisse de 5 à 10%. Rive droite, la tendance est encore plus accentuée avec des reculs de l’ordre de -20%. Une bonne nouvelle pour les particuliers. Le volume global des ventes, en baisse de 40% depuis le mois de mai dernier pourrait enfin augmenter. À la chute des prix de l’immobilier, s’ajoutent des taux de crédits immobiliers historiquement bas. Un atout de plus pour les acheteurs potentiels. Mais aussi pour les locataires. Les vendeurs qui refusent de revoir leurs préférences à la baisse vont choisir de mettre leurs biens sur le marché locatif. Un parc locatif élargi qui enregistre lui aussi une baisse des prix. En 2008, au niveau national, Century21 a estimé à -2,41% le recul des prix à la location.

Bordeaux favorisé par la crise

À Bordeaux, où le prix moyen du m2 est de 2 788,21 euros, l’immobilier reste plus attractif qu’ailleurs. Selon les estimations de la FNAIM, parmi les grandes agglomérations françaises, seule Toulouse où le prix du m2 s’élève à 2 787,74 euros devance la capitale aquitaine. En comparaison, le prix moyen du m2 s’élève à 3 201,48 euros à Lyon ou encore à 6 282,94 euros dans la capitale. Bien sûr, tous les quartiers ne se valent pas. Alors que le m2 atteint son plus haut niveau (2 920 euros) dans le quartier de l’Hôtel de Ville, à Nansouty, dans le quartier de la gare Saint-Jean, il s’élève à 2 200 euros. Grâce à une offre immobilière moins chère qu’ailleurs, Bordeaux est aujourd’hui l’une de villes de France où le coût de la vie est le plus bas (de 19% inférieur à celui de l’Île-de-France). Alors que les récents aménagements urbains entrepris par la Ville auraient du doper les prix, la crise économique, en enrayant la tendance, permet à la cité bordelaise d’être encore plus attractive. Le problème aujourd’hui, est de savoir si la demande sera au rendez-vous.

Marie Ormières


 

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