En bref

Le traitement du développement durable à Bordeaux

Dans une période dominée par l’enjeu environnemental, comme nous l’a récemment rappelé le film Home de Yann Arthus-Bertrand et la nette avancée des partis écologistes aux élections européennes du 6 juin dernier, il est important de s’interroger sur la place qu’occupe cette thématique « verte » dans la ville de Bordeaux.

Un premier exemple à citer est l’organisation de la deuxième édition du Festival annuel du Développement durable à Bordeaux, en juin 2009 ; l’année dernière, l’événement, déjà d’envergure, comptait quatre pôles thématiques liés à l’environnement et à sa protection, regroupant sur la vaste place des Quinconces exposants et associations divers. Cette année, trois nouveaux pôles se sont ajoutés aux précédents, et le Festival couvre maintenant des domaines aussi variés que l’éco-habitat, les énergies renouvelables, la consommation « bio », ou la gestion des déchets. Loin d’être un rendez-vous alarmiste et trop centré sur les secteurs professionnels, l’accent est davantage mis sur l’aspect ludique, interactif et festif, avec le recours à une quarantaine d’artistes chargés de l’animation sur place à toute heure de la journée, ou encore à l’organisation de conférences aussi bien pour les enfants que pour les professionnels. Ce Salon, dont l’accès est gratuit, a été mis en place par l’association Changement d’Ere, créée essentiellement par des étudiants de l’école de management de Bordeaux, BEM. La mairie de Bordeaux a, depuis le départ, apporté un soutien financier, à côté d’autres partenaires allant du WWF à l’UCPA.

L’innovation que constitue la création d’un tel salon est bien la preuve de l’orientation récente qu’a pris la ville de Bordeaux envers l’environnement. En septembre 2008, Alain Juppé a d’ailleurs exprimé son objectif de faire de sa ville une « vitrine nationale du développement durable », volonté matérialisée par le projet de construire un quartier d’affaires près de la gare Saint Jean avec le soutien et la participation de certains maires de la CUB.
La mairie n’est pas pour autant la seule source d’idées novatrices dans le secteur de l’environnement. Un autre projet de développement durable, appelé projet Darwin, est en cours de réalisation, mené par le groupe Evolution et de sa fililale, l’agence de marketing créatif Inoxia (d’autres groupes font également partie du projet, mais la liste est trop longue pour être citée ici). L’objectif est de réhabiliter l’ancienne caserne Niel, dans le Quartier Bastide (rive droite) juste en face du Quai des Marques, en cumulant les aspects architectural, économique, culturel et social de l’éco-responsabilité. Le site poursuit un but de maintien à long terme des équipements construits, grâce à l’utilisation de matériaux solides et durables, afin d’y installer commerces, entreprises et services.

Ainsi, à la suite de grandes villes comme Strasbourg, Nantes ou encore Lyon, l’agglomération bordelaise a peu à peu pris le chemin du développement durable. Dès 1998, la mairie a pris la décision d’instaurer une fois par mois les « Dimanches sans voitures », c’est-à-dire l’interdiction par arrêté municipal de circulation automobile dans le centre-ville. Ces journées s’accompagnent généralement d’animations pour inciter le public à parcourir ces voies piétonnes éphémères. Il y a ensuite eu la mise en place du réseau de tramway en 2004, puis la signature de la charte municipale d’écologie urbaine et de développement durable en 2007. Le dernier projet en date concerne une maison éco-citoyenne pour la ville, qui devrait normalement ouvrir ses portes au grand public fin 2009 afin de le sensibiliser à l’écologie. Ce bâtiment éco-responsable, doté des dernières innovations en la matière, sera situé Quai Richelieu au pied du Pont de Pierre, après avoir opté pour une forme itinérante à travers la CUB pendant ses deux premières années d’existence.

Cependant, les efforts à faire restent nombreux. On peut par exemple penser à la consommation d’énergie permanente émanant du cœur commercial de la ville, à savoir la rue Sainte-Catherine, plus longue rue piétonne commerçante d’Europe, sur laquelle les innombrables magasins chauffent l’hiver pour protéger leurs clients du froid, et climatisent en laissant les portes grandes ouvertes en été. Si le maire de Bordeaux, Alain Juppé, ne semble pas préoccupé par ce sujet-là, il a néanmoins récemment exprimé son souhait de renforcer l’utilisation des vélos dans sa ville, en prenant exemple sur la ville de Copenhague, très avancée en développement durable. Ainsi, Bordeaux n’est qu’au départ de sa course vers un avenir plus vert.

Elodie Buch
 
 
 

 

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