ANNIVERSAIRE

Les 20 ans du Festival International du Film d’Histoire de Pessac

Un anniversaire qui tombe à pic ! Le Festival n’a pas pour habitude de se lier à des dates historiques mais la chute du mur de Berlin était un thème inévitable en cette année 2009. Cela a permis aux organisateurs de dégager une problématique plus large avec une réflexion sur le communisme et ses conséquences actuelles.

Cette année, la ville de Pessac et le cinéma le Jean-Eustache ont accueilli la vingtième édition du Festival international du film d’Histoire de Pessac. Vingt ans après la chute du mur de Berlin le Festival se proposait de revenir sur un pan de l’histoire du XXème siècle avec un thème évocateur « Il était une foi : le communisme ». 

Ce thème riche a amené les organisateurs du festival à articuler films et débats autour de plusieurs thèmes différents allant de la collectivisation des terres en URSS à la situation actuelle des anciens pays communistes. Ainsi, de nombreux films -80 au total- furent projetés : des classiques soviétiques comme Quand passent les cigognes ou les œuvres de Serguei Eisenstein mais aussi des films plus récents comme Rouge Baiser ou Je demande la parole. Les films ne se cantonnaient pas à l’Europe communiste : les cas de Cuba avec Soy Cuba ou Fraise et Chocolat et de l’Asie avec Ronde de flics à Pékin ont également été évoqués. Douze films, sans rapport avec le thème du Festival, ont également été projetés en avant première dont les très remarqués Chats persans ou Lebanon.

Le Festival est également un lieu de débat historique. On compte pour cette année 5000 participants à ces débats. Une trentaine d’échanges était programmés avec des temps forts marqués notamment par le Grand entretien de Michel Winock afin de comprendre les liens entre les intellectuels français et le parti communiste ou encore l’analyse de la révolution russe par deux des meilleurs spécialistes de la question, Marc Ferro et Nicolas Werth. Ceci a permis de faire mieux comprendre le communisme et donc une partie de l’histoire du siècle dernier aux élèves. 10 000 places leur étaient attribuées à l’avance. Le festival a, en plus d’un rôle polémique, une dimension didactique importante.

Parallèlement aux projections et aux débats plusieurs expositions étaient affichées dans le hall du Jean-Eustache notamment « Le communisme vu d’ailleurs », une collection d’affiches de cinéma soulignant diverses visions du communistes par les cinéastes. On pouvait également profiter de l’exposition d’affiches pro et anti communistes de même qu’un voyage plus historique dans l’évolution des techniques cinématographiques.

Ce festival, initié par Alain Rousset en 1989 a, cette année, enregistré environ 27 000 entrées soit une progression de 35% par rapport à l’année précédente. Pour le directeur général du Jean-Eustache cette progression est essentiellement due au grand public qui, du fait des commémorations pour les vingt ans de la chute du mur a été plus sensible au thème. Selon les organisateurs, le désarroi des électeurs de gauche face aux problèmes et aux échecs de celle-ci a également joué dans la forte fréquentation du grand public, celui-ci recherchant dans l’ombre du communisme l’idéal d’une gauche en mouvement.

Au terme de ce festival, le prix du jury officiel dans la catégorie fiction- indépendamment du thème- est revenu au réalisateur Marco Bellocchio pour son film Vincere, déjà primé au festival du film italien de Villerupt. Cette fiction évoque le sort réservé à la première maitresse et au fils de Mussolini, tous deux internés par les services du « Duce ». Dans la catégorie du film documentaire, c’est "L’important c’est de rester vivant" de Roshane Saidnattar qui a été récompensé. Ce film retrace les expulsions de la population de Phnom Penh par les Khmers rouges. Le prix du public a quant à lui été attribué à "Liberté" de Tony Gatlif qui s’intéresse à la situation des tsiganes dans un village occupé lors de la Seconde guerre mondiale.

Le thème de l’édition 2010 du Festival sera la décolonisation, avec comme fil conducteur de la manifestation « des feux mal éteints », expression empruntée au roman de Philippe Labro de 1967. Un nouveau thème polémique en perspective... 

Ariane Dubost


Pour plus d’informations : http://www.cinema-histoire-pessac.com/

Sources : Sud Ouest, 16/11/2009
 

 

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