CULTURE

Novart, vraiment nova(r)teur ?

Novart est de retour ! Après une année d’absence pour laisser la place à Evento, la nouvelle biennale d’art contemporain dont la prochaine édition aura lieu en octobre 2011, le festival de création revient pour une huitième édition. Et pour l’occasion, Novart s’offre un nouveau look que les adeptes du spirographe n’auraient pas renié, ainsi qu’une cure d’amincissement. Autrefois étalées sur tout le mois, les manifestations culturelles commenceront le 10 novembre pour s’achever le 21.
 
Mais le principal changement réside dans l’essence du festival. Novart n’est plus un festival de la création contemporaine, mais une « biennale des arts de la scène ». Rien de surprenant, puisqu’Evento, en alternance avec Novart, est consacré à l’art contemporain. Exit donc, cette année, les grandes expositions ; seules quelques installations seront proposées dans les halls des salles de spectacle. Fini aussi le cinéma, la biennale s’articule désormais autour de trois pôles : le théâtre, la danse, et la musique. Preuve en est, l’événement est désormais placé sous la direction artistique de Dominique Pitoiset, le directeur du TnBA.
 
Côté musique, la programmation est intéressante puisqu’on y retrouve Arno, le belge à la voix rocailleuse, qui ouvrira les festivités mercredi 10 à la Rock School. A noter également, des Exercices de Playback s’installeront dans le hall du TnBA pour dix sessions d’un quart d’heure qui s’annoncent surprenantes.
 
Quant à la programmation théâtrale et chorégraphique, on peut déplorer qu’elle colle trop aux grandes tendances de la création théâtrale, sans proposer de vraie innovation. Au menu : des titres interminables (Plus tard j’ai frémi au léger effet de réverbe sur « I feel like a group of one » [Suite Empire] ou Esse que quelqu’un sait où on peut baiser ce soir ? j’ai répondu au bois), du nu, de la violence, et du sexe. Comble de la « branchitude », deux spectacles assez sulfureux pour être interdits aux moins de 18 ans : d’une part, Hard to be a God, une histoire de prostituées hongroises séquestrées dans un camion où les scènes insoutenables se succèdent, jouées dans le cadre inquiétant de la Base Sous-Marine. D’autre part, Ex-Stase, une chorégraphie interprétée par Annabelle Chambon, la performeuse fétiche de Jan Fabre, celui qui suscite le scandale à chacun de ses nouveaux spectacles. 
 
Dans cette programmation finalement assez conventionnelle pour un festival « in », se détacheront peut-être C’est du Chinois, un spectacle en Mandarin non sous-titré, et pour cause, les comédiens tenteront d’y inculquer quelques rudiments de la langue pour permettre au public de comprendre l’intrigue ; et Micro-climats 0.0, un tryptique en plein air, face aux Quinconces.
 
En mettant de côté la pluridisciplinarité et les dialogues entre les différentes disciplines (comme lors de l’exposition I∆O qui avait réuni au CAPC plasticiens, musiciens et vidéastes), Novart perd aussi de son côté « underground », pour ressembler à un festival d’Avignon bis. Espérons que la ville saura trouver un équilibre juste pour faire de ses deux biennales des éléments de rayonnement culturel. Mais pour cela, il faut toucher le grand public ; et cette fois encore, on risque d’en être loin.
 
Julien BALDACCHINO

 

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