VCub
Tous à vélo !
Le vélo représente déjà 5 % des déplacements dans l’agglomération bordelaise et il semble bien que la petite reine soit un moyen de transport de plus en plus plébiscité. Le prêt de vélos, mis en place par la mairie de Bordeaux en 2003, connaissait un succès non démenti. Aujourd’hui la Communauté urbaine va plus loin. A partir du 22 février les habitants de la ville et de la première ceinture de l’agglomération auront à leur disposition un système de vélo en libre-service comme cela existe déjà dans plus d’une vingtaine de villes françaises.
Le
VCub, nom du vélo bordelais en libre –service, se sera fait attendre mais enfin il arrive ! Le projet était en effet dans les cartons de la
mairie depuis l’été 2008 avant d’être repris par la
Cub et mis en place en 2010 donc.
Au total
1545 bicyclettes réparties entre 139 stations (99 à
bordeaux et 40 en périphérie) seront disponibles. L’implantation des stations a été pensée en synergie avec le nouveau réseau de transports en commun qui sera lancé
le 22 février également. L’idée est que le
vélo vienne en complément du
bus et du
tramway : 9 vélos sur 10 seront ainsi au contact de lignes de
tram et de
bus. D’ailleurs, pour encourager l’intermodalité, 31 stations situées en bout de tram bénéficieront de
la gratuité pendant 20 h d’affilée sous certaines conditions : ramener le
vélo à sa station d’origine et disposer d’un moyen de
transport Tbc. Pour ce qui est de la situation géographique des stations, ce sera tous les 300 mètres à
Bordeaux. Le
campus lui comptera 7 stations et, en périphérie, près de 15 villes seront concernées par ce service.
Pour enfourcher le
VCub, les usagers auront le choix : l’inscription, obligatoire, pourra se faire dans l’une des 80 stations équipées d’un terminal de carte de crédit, par internet, dans les agences
Tbc, avec un portable via une connexion wap ou encore en appelant
Allô VCub au 0820 340 303. Les tarifs seront calculés en fonction de la durée de l’abonnement, à la journée, au mois ou à l’année. Attention une caution, de 200 euros, sera exigée lors de l’inscription, mais elle ne sera encaissée qu’en cas de vol. Après l’inscription en route pour la liberté ! La première demi-heure est gratuite, ensuite il en coûtera
1 euro pour 24h ou 5 euros pour 7 jours. Si on est sûr d’emprunter régulièrement le service, il faudra privilégier les formules longue durée qui proposent des tarifs très attractifs :
7 euros par mois ou 25 à l’année. Et pour les abonnées
Modalis de
Tbc c’est encore plus intéressant : 4 euros par mois et 15 pour l’année.
Côté technique il faut souligner que
le VCub profite des acquis de ses prédécesseurs. Son poids tout d’abord : avec ses 20 kilos, il est beaucoup léger que son cousin parisien qui atteint, lui, près de 22 kilos ! Quant au coût de fonctionnement, il s’élève pour chaque bicyclette du
VCub à 1100 euros contre 2500 euros à Paris. Cette différence de prix correspond en fait à une différence de gestion : pour Paris c’est un opérateur privé qui a emporté le marché, alors qu’à
Bordeaux c’est l’opérateur actuel du
réseau Tbc,
Keolis, qui a été choisi pour s’occuper du service.
La mise en place du
VCub doit être saluée, bien que l’on puisse s’interroger sur son retard par rapport à d’autres villes. Par ailleurs certains problèmes demeurent : la
Cub souhaite, visiblement, développer une politique ambitieuse en matière de vélo : comment dans ce cas justifier l’encombrement du centre-ville de
Bordeaux par les voitures alors que bien d’autres villes les ont d’ores et déjà interdites pour améliorer le cadre de vie et encourager les transports doux ? En outre, quelques axes, très empruntés par les vélos, souffrent d’un grave déficit d’aménagement et font courir des risques certains aux cyclistes, notamment au niveau du boulevard Gambetta. Conséquence : les cyclistes utilisent les voies de
tram pour circuler, ce qui n’est pas sans danger non plus. Enfin, au niveau du
VCub lui-même, certaines critiques ont déjà été émises alors que la mise en service débute tout juste ce mois-ci. Trois quartiers de
Bordeaux ont été laissés de côté :
Caudéran,
Belcier et
Bacalan compteront seulement 3 stations de
vélos pour 45 000 habitants ! D’autre part, l’
Association des riverains de la rue de Pessac dénonce, elle, au contraire, l’installation d’une station dans cette rue, qui a été décidée sans l’accord des habitants et qui supprime des places de stationnement.
Le
VCub doit maintenant être approprié par les usagers. Rendez-vous dans quelques mois pour faire un premier bilan, mais on peut prévoir sans trop s’avancer que les retombées seront positives tant pour l’environnement que pour la facilitation des déplacements. Il sera toujours temps d’adapter le service en fonction des besoins.