Urbanisme
Les Bordelais redécouvrent le fleuve
Le 11 juin 2008, le Trophée de l’Aménagement urbain était remis à Alain Juppé par Jean-Louis Borloo, ministre de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement durables. Un prix décerné à la Ville de Bordeaux par les magazines du Groupe Moniteur, pour récompenser l’aménagement des quais de la rive gauche, conçu par le paysagiste Michel Corajoud. Au gré des transformations, les Bordelais redécouvrent leur ville.
Depuis juin 2007, le Port de la Lune, la partie qui borde la Garonne, est classé au Patrimoine mondial de l’Humanité par l’Unesco au titre d’ensemble urbain exceptionnel. Cette distinction est le résultat du travail de restauration d’un patrimoine architectural que les années avaient endommagé. Progressivement, à mesure que le tramway poursuit sa route le long des 4,5 kilomètres qui séparent la gare Saint-Jean des Bassins à Flots, les quais se réaménagent et les Bordelais découvrent une nouvelle façon de vivre leur ville. Petit tour d’horizon d’un nouveau paysage urbain. Il y a à peine dix ans, dans l’esprit des Bordelais, « quais » rimaient avec « saleté » et « insécurité ». Les abords de la Garonne, connus pour leurs façades noircies, étaient désaffectés. La tôle des hangars rouillait, rappelant le passé négrier de la cité, du temps où les quais étaient le point névralgique de l’économie bordelaise. 2003, le projet de réhabilitation est lancé. Sur le quai de la Douane, le fontainier Jean-Max Llorca imagine pour les Trois Grâces de la Place de la Bourse un reflet à la hauteur de leur beauté. Un miroir d’eau de 3450 m2. Le plus grand du monde. L’endroit est insolite mais va très vite charmer les bobos bordelais. Désormais, les soirs d’été, on s’y retrouve autour d’un apéritif improvisé. Au niveau des Chartrons, l’ambiance est plus familiale. Le dimanche, autour du marché biologique, les caillebotis qui bordent le fleuve sont investis par les pique-niqueurs. Au delà, les terrasses fleurissent au milieu des boutiques aménagées dans les anciens hangars. La portion de Bacalan était la plus endommagée. Sa réhabilitation est spectaculaire. Commerces, restaurants, salles de spectacles, expositions, longtemps désoeuvrés, les hangars s’offrent aujourd’hui une nouvelle vie. Les travaux ne sont pas terminés. Quai Sainte Croix, beach-volley, pelote basque, roller, et gymnastique, investiront le futur Parc des Sports Saint-Michel. Ouverture prévue fin 2009. Au niveau de l’esplanade des Quinconces, 15 000 m2 de pelouse feront de la « prairie des Girondins » une scène de concert et une galerie d’exposition à ciel ouvert. Plus au Nord, le nouveau pont Bacalan-Bastide devrait permettre, dès 2012, de relier les deux rives pour prolonger la promenade au-dessus de la Garonne. Et entamer de nouveaux travaux de réaménagement, sur la rive droite…
Marie Ormières