Interview

VAB : Office de tourisme de Bordeaux

L’office de tourisme est chargé de la promotion touristique de la ville et de la gestion des touristes. Entretien avec Jean-Daniel Terrassin, Directeur de l’Office de Tourisme de Bordeaux

VAB : Une partie de la ville Bordeaux a été classée au patrimoine mondial de l’Humanité de l’UNESCO il y a maintenant deux ans. Qu’est-ce que ce classement a apporté à Bordeaux ? Pour quelles retombées ?

Jean-Daniel Terrassin : Le premier changement que ce classement nous a apporté a été un changement d’image, il a mis Bordeaux sur le devant de la scène. En conséquence, nous avons noté une hausse très sensible de la fréquentation touristique, de l’ordre de 15%, avec environ 3 millions de visiteurs par an. En effet, la classement a multiplié la notoriété de Bordeaux dans le monde auprès des professionnels du tourisme, notamment au Japon, dans une moindre mesure aux Etats-Unis et au Canada. Nous pouvons maintenant communiquer sur le classement : nous jouons désormais dans la cour des grands.

VAB  : Est-ce un nouvel élan ou l’image du vin est-elle encore la première image que les non bordelais ont de la ville ?

Jean-Daniel Terrassin : Les gens ont pour Bordeaux l’image du vin et non l’image d’une belle ville. Nous communiquons sur la ville et non sur le vin, qui est déjà mondialement connu. Nous ne communiquons pas sur le vin mais il nous aide. Maintenant, on parle vin et patrimoine. Les gens n’imaginent pas que Bordeaux est une ville, certains pensent même que c’est un vignoble ! On n’imagine pas que c’est une belle ville du XVIIIème siècle…Ceci dit, le vin notre produit d’appel, il nous ouvre des portes mais il faut aussi se faire connaître pour le reste. Grâce à cela, Bordeaux a une notoriété que d’autres métropoles françaises n’ont pas.

VAB  : Bordeaux est-elle une ville où l’on peut encore investir dans le domaine du tourisme ?

Jean-Daniel Terrassin : Oui. Il y a encore beaucoup de travail à faire dans le tourisme à Bordeaux, on est loin d’être dans une phase haute. On est loin d’être en vitesse de croisière.

Il y a quinze ou vingt ans de cela, à la fin de « l’ère Chaban Delmas », le tourisme était un secteur d’activité totalement délaissé par la mairie, ce n’était pas un thème prioritaire. Il est vrai que la ville ne s’y prêtait pas avec ses immeubles noirs et ses autoroutes. La politique de valorisation du patrimoine est récente, il y a eu une réelle prise de conscience. Par exemple, le Cours du Chapeau Rouge qui fait aujourd’hui partie de la zone classée n’était auparavant pas aménagé : il y passait une quatre voies. Les transports urbains ont été déterminants, notamment l’installation du tramway. De même, les aménagements urbains réalisés au cours des travaux pour le tramway se sont montrés essentiels, comme l’aménagement des quais ou le ravalement des façades. Il reste encore des chantiers : le contournement autoroutier, l’aménagement de la rive droite et du quartier de la gare… Bordeaux est mal placé, un peu en bout de piste, après nous, il n’y a que l’Océan, les axes de communication sont donc très importants.

VAB : Qu’en est-il des structures d’accueil des touristes à Bordeaux ?

Jean-Daniel Terrassin : Nous sommes en surcapacité hôtelière. Nous disposons de quatre hôtels quatre étoiles. En tout, on compte à Bordeaux 170 hôtels et 5500 chambres, ce qui constitue une capacité normale d’accueil eu égard à la ville. Prochainement, un camping va ouvrir à Bruges, ce qui permet d’espérer un élargissement et une diversification de la clientèle.

VAB : Quel est le profil des touristes qui viennent à Bordeaux ?

Jean-Daniel Terrassin : Les touristes que nous recevons sont pour la moitié d’entre eux des européens, dont 50% environ sont des français. L’autre moitié vient de pays plus lointains : Etats-Unis, Canada, Japon mais aussi de marchés nouveaux comme la Chine et la Russie ou encore les pays de l’Est. L’Inde est le prochain marché que nous aimerions conquérir : les marchés asiatiques ne sont pas négligeables de nos jours.

VAB : Les touristes qui viennent à Bordeaux n’appartient-ils pas essentiellement aux classes les plus aisées ?

Jean-Daniel Terrassin : Bordeaux a une image haut de gamme, notamment due au vin, un produit noble. Mais cela ne veut pas dire que nous défendons un tourisme élitiste. Beaucoup de « jeunes sac-à-dos » par exemple viennent visiter les vignobles. Il y a de tout.

VAB : Quelles sont les idées de développement aujourd’hui ?

Jean-Daniel Terrassin : Nous valorisons aujourd’hui le patrimoine, le vin, la gastronomie. Même si l’Office de Tourisme de Bordeaux dépend de la mairie, nous ne vendons pas seulement Bordeaux intra-muros. On passe un week-end à Bordeaux, pas une semaine. Nous nous appuyons donc sur notre environnement : le Médoc, Saint-Emilion, Cognac, le Bassin d’Arcachon, la dune du Pyla, la forêt des Landes mais aussi l’architecture, les musées. 


Cécile Burlat & Cécile Durant
 

 

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