Visite furtive d’une Bruxelloise à Bordeaux

Bordeaux ne faisait pas partie des villes européennes que je tenais à visiter de façon prioritaire, non pas en raison d’un quelconque a priori négatif mais simplement parce que personne de mon entourage proche n’y a jamais mis les pieds. Quand je pense à des villes françaises, c’est plutôt Paris, Lyon ou Strasbourg qui me viennent spontanément à l’esprit. Bordeaux ne m’évoquait donc rien de particulier… Jusqu’à ce qu’en feuilletant un magazine, un reportage photo vantant la beauté architecturale de la ville n’éveille ma curiosité. Bordeaux avait l’air plus intéressante que je ne le pensais et était présentée comme une ville charmante, animée, aux températures agréables et qui plus est, reliée par des vols low cost. J’ai donc écarté mon idée d’aller à Porto et ai décidé de consacrer mon citytrip de printemps à Bordeaux. Après avoir glané des informations sur internet et demandé conseil à un collègue y habitant, j’ai réservé une chambre à l’Hotel des Quatre Sœurs et planifié mes 3 jours de découverte de la ville. Le vendredi permettrait de visiter le Vieux Bordeaux. On irait voir l’église Notre Dame, la place de la Comédie et le Grand Théâtre ; ensuite la place de la Bourse et la place Saint Pierre. On pourrait se balader place du Parlement et place du Palais et aller regarder la Porte Cailhau. Le soir, j’avais réservé une table pour deux à l’Estaquade dont le site promettait un cadre magnifique, perché sur l’eau et parfait pour une soirée romantique. Le matinée du deuxième jour serait consacrée au shopping. Direction la rue Sainte Catherine, jusqu’à la place de la Victoire, avant d’aller flâner dans les rues environnantes et se balader ensuite le long de quais avant de trouver une chouette brasserie pour le déjeuner. L’après-midi, on passerait par l’esplanade des Quinconces pour aller se promener dans le quartier des Chartrons, réputé pour ses antiquaires et se rendre ensuite dans le jardin public pour une ballade la main dans la main au soleil. Le soir, on aurait trouvé un restaurant au hasard dans le quartier historique et ensuite, je voulais absolument aller au comptoir du jazz. En effet, notre weekend tombait en même temps que les Bordeaux Jazz Sessions, autant en profiter ! Enfin, le dernier jour devait être consacré au vin : je n’y connais rien mais Bordeaux étant la ville du vin, autant essayer d’en savoir plus en allant faire une visite guidée et une dégustation au Château Saint Emilion.
 
Mais ce premier rendez-vous avec Bordeaux fut manqué : le jour du départ, le volcan Eyjafjöll est entré en éruption, avec pour conséquence l’annulation de tous les vols. Ce n’était que partie remise : un mois plus tard, me voilà à Bordeaux pour 2 jours, certes dans un cadre professionnel mais je dispose de quelques heures de liberté. Une chambre avait été réservée à l’Hotel de Sèze. Si cet hôtel a le mérite d’être très bien situé, entre la place des Quinconces et l’Allée de Tourny, il s’agit bien là de son seul atout. L’hotel ne semble plus avoir été rafraîchi depuis les années 1950 (voire les années 1930 pour la salle de bain) ; les chambres sont petites et sinistres et le confort technologique y est presqu’absent. J’ai préféré y passer le moins de temps possible et suis allée me balader sur les quais en compagnie d’un collègue. Je pense qu’il s’agit là de l’endroit que j’ai préféré dans la ville : tout y est magnifique, l’aménagement, les batiments, la vue…. Deux éléments m’ont agréablement surprise. D’une part, l’entretien des bâtiments : alors qu’à Bruxelles, les hôtels particuliers et bâtiments du centre historique paraissent délabrés et laids, les superbes bâtiments bordant les quais sont maintenus en parfait état. D’autre part, en tant que citadine, l’aménagement du tram m’a frappé : aucun fil électrique ne vient gâcher le paysage dans cette partie de la ville.
 
Nous avons ensuite été manger sur la terrasse de la brasserie Chez Fernand : un endroit à recommander pour les personnes qui veulent bien manger mais qui ne sont pas pressées. L’après-midi, j’ai pu constater que Bordeaux n’avait rien à envier à d’autres grandes villes en termes de shopping : la rue sainte Catherine et les rues environnantes sont remplies de magasins, pour tous les goûts et tous les budgets. Le lendemain, j’avais encore quelques heures à ma disposition. J’ai donc été flâner dans la ville, en commençant par la place des Quinconces et le monument aux Girondins qui méritent vraiment le détour. Après un déjeuner rapide dans une des ruelles du centre, je me suis dirigée vers les jardins. D’abord, le jardin public, où il faut absolument s’arrêter le temps d’un café sur les chaises longues de l’Orangerie pour apprécier la vue sur le jardin à la française. Ensuite, le jardin botanique, plus romantique mais qui mériterait peut-être d’être mieux entretenu pour garder son charme. Enfin, j’ai été rejoindre des collègues à la terrasse d’un bistro en face du Grand Théâtre avant d’aller diner au restaurant la Belle Epoque, que je recommande sans réserve : le cadre est magnifique, le service impeccable et la nourriture excellente.
 
Bien que ma visite fut très brève, Bordeaux m’a laissé une impression positive. La ville est agréable, suffisamment grande et animée pour ne pas s’y ennuyer le temps d’un weekend et combine plusieurs atouts : une architecture bien préservée, des commerçants aimables, des magasins en suffisance pour une accro au shopping comme moi et de bons restaurants à des prix abordables. Je conseillerais toutefois aux personnes qui se rendent pour la première fois à Bordeaux de bien choisir leur hotel, pour ne pas tomber sur un établissement vétuste et de se renseigner un peu sur l’histoire et l’architecture de la ville pour en profiter pleinement.
 
Nathalie Brack

 

Réagir à cet article

SPIP - Valid XHTML - Valid CSS